Entretien Lilou Milcent
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LILOU MILCENT Potière
25 ans avec la terre

Les grands maîtres | La pratique d'un métier, ce n'est pas forcément
quelque chose qui se dit, ça passe par le geste |

J'ai un plaisir à être en relation avec les gens
| Je suis dans un état second quand je fais du croquis


Les grands maîtres

 

PCW : Justement, je voulais parler du milieur des potiers. C'est une communauté, donc, là il y a des maîtres. Quels sont les maîtres que tu as fréquentés ?

LM : Moi j'ai eu un grand maître, c'est Paul Badié.

 

PCW : Qui est Paul Badié ? Il est où, il fait quoi ?

LM :
Il est parti aux Etats-Unis pendant 20 ans, et il vient de rentrer en France. Il a acheté une maison à Bonnaguine, dans le Sud-Ouest. Il a fait de la peinture. Il a arrêté la céramique totalement pendant ce temps-là, alors que c'était un grand maître dans les années 80, une grande référence dans la céramique française. Et là, d'après ce que j'ai cru comprendre, il aurait envie de reprendre un atelier. Mais je ne l'ai pas revu depuis 2 ans.

 

PCW : Tu as envie de le rencontrer ?

LM : Oui, oui, je le verrai forcément.

 

PCW : Moi ce qui m'a fascinée, c'est quand tu m'as dit que tu avais été au Brésil rencontrer une céramiste japonaise. Ca m'a épatée

LM : C'est une femme dont j'avais vu le travail en photo parceque c'est la mère d'une amie qui est céramiste en France. Et c'est en fait une femme extraordinaire. J'ai écrit un texte sur elle, parcequ'elle est hors-norme, elle est extraordinaire et je voulais la faire connaître en France, mais je n'avais pas de photos de son travail donc ce texte n'est pas paru dans les revues de céramique.

 

PCW : Alors tu me donneras ce texte et on trouvera des photos de cette céramiste et on le publiera sur internet !

LM :
Ah oui !


La pratique d'un métier, ce n'est pas forcément
quelque chose qui se dit, ça passe par le geste.

 

PCW : On parlait des maîtres, mais tu es toi-même une enseignante en céramique. Qu'est ce que ça t'apporte d'enseigner ? Est-ce que ça change quelque chose à ta pratique ? Est-ce que c'est important pour un céramiste de transmettre ? Est-ce que tu as une vocation pour transmettre ? Devenir un maître ?

LM :
Il ya des gens qui n'aiment pas transmettre, moi j'adore ça. Ce que ça m'a apporté dans un premier temps, c'est de clarifier tout ce que je savais.

 

PCW : C'est en enseignant que tu clarifies tout ce que tu sais ? Sinon tu ne sais pas ce que tu sais ?

LM : Tu es obligé de clarifier parceque pour transmettre, il faut être assez rigoureux. Il faut savoir où tu en es. Sinon, ce n'est peut-être pas nécessaire de clarifier les choses. La pratique d'un métier, ce n'est pas forcément quelque chose qui se dit. Ça ne passe pas forcément par la parole, c'est le geste.

 

PCW : Mais est-ce qu'il y a une différence entre enseigner dans un centre d'apprentis, comme tu l'as fait, et avoir son apprenti chez soi ? Qu'est ce que tu préfères ? Tu fais les deux ?


LM : Et bien, je dirais, avoir son apprenti chez soi, c'est avoir une relation très intimiste. Donc, ça a des avantages et des inconvénients. Je préfère enseigner en collectif parceque c'est très cerné dans le temps, il y a un début et une fin. Quand tu passes 2 ans avec une apprentie, tu as une intimité, tu as une histoire de relation qui est beaucoup plus forte, il faut la gérer. Donc, il faut en même temps rester la patronne mais pas non plus être une chieuse. Tu as une relation de sympathie.

 

PCW : Elle aide aussi à faire ton travail à toi ?

LM : Elle aide sur des choses qu'on peut déléguer, qui sont une partie seulement du travail. C'est pas beaucoup, mais c'est beaucoup en même temps, parceque, si tu délègues les choses les plus faciles à faire, et bien finalement, il te reste les choses les plus intéressantes à faire.

 

PCW : Mais tu continues à enseigner en collectif ?

LM : Non, pas ces dernières années.

 

PCW : Ça ne te manque pas ?

LM : Oh, je suis absolument certaine que je le referai. Et puis j'ai toujours des stagiaires à l'atelier. J'ai des demandes pour 1an.

 

PCW : Et les gens qui demandent des stages ? Tu n'as jamais eu envie de faire ça, des stages sériés dans le temps pour des gens qui sont déjà spécialisés ?

LM : Alors on me l'a proposé, mais il n'y avait pas assez d'inscrits. C'est très bizarre. Moi je crois que les gens du métier ils ont un rapport à la porcelaine vachement traumatique.

 


J'ai un plaisir à être en relation avec les gens

 

PCW : Mais il n'y a pas beaucoup de gens alors qui font de la porcelaine ?

LM :
Non, parcequ'en utilitiaire, c'est très chiant, il y a beaucoup de contraintes techniques. Donc il n'y a quasiment personne.

 

PCW : Et c'est rentable ?

LM :
Si tu bosses 12 heures par jour, tout est rentable, c'est pas un problème. C'est un rapport à l'argent qui est très particulier. Moi je vends tout ce que je fais.

 

PCW : En parlant de cet aspect commercial, quand on est à son compte, il y a un certain nombre de choses à prendre en considération. Quels conseils pourrais-tu donner à quelqu'un qui s'installe ? Est-ce que c'est bien ? Est-ce qu'on peut en vivre?

LM :
Moi je leur dis qu'on peut vivre de la céramique mais qu'il faut être à moitié potier, à moitié gestionnaire-commerçant.

 

PCW : Ça ne te pèse pas d'être obligée d'être commerçante ? Tu l'assumes, ça ?

LM : C'est une condition sine qua non. Un jour j'entendais un type qui disait : " Moi je reçois des gens qui ont des projets d'entreprise et qui me disent : - Moi je sais faire ci, je sais faire ça, la meilleur pizza du monde, le meilleur machin du truc ; et je leur demande : - Qu'est-ce que vous savez vendre ?" . Parceque tu peux faire ce que tu veux qui est le meilleur machin du monde, si tu sais pas le vendre, tu t'assieds dessus.

 

PCW : Mais c'est pas trop contraignant quand même, les conditions que tu as comme micro-entreprise ?

LM :
Ça ça va bien, c'est gérable. Et moi j'ai un plaisir à être en relation avec les gens. Donc les gens à qui je vends, d'abord je ne suis pas angoissée par le fait de leur vendre, je ne suis pas stressée parceque je vends bien, ça c'est génial, et j'ai plutôt des relations intellectuellement intéressantes avec eux. Pas tout le temps, mais ça arrive.

 

PCW : Tu as même fait des certains de tes clients des amis ?

LM :
Bien sûr

 

PCW : Et ça c'est extraordinaire de pouvoir faire de tes clients des amis, c'est beau ça ...


Je suis dans un état second quand je fais du croquis.

 

PCW : Il y a quelque chose qui m'intéressait, c'est : comment est-ce que tu crées tes formes ? Est-ce que tu fais un travail spécifique sur le design des formes ? Où est-ce que c'est des formes qui te viennent comme ça sous la main ? Où est-ce que c'est des formes que tu reprends ?

LM :
Je fais régulièrement du dessin, donc forcément ça travaille, mais ça ne travaille pas directement. Quand je suis à l'atelier, je ne prends pas des dessins préalables. Par contre, j'ai acquis pendant 30 ans

 

PCW : l'art de la forme sous le pouce !

LM : Oui, et bien, ce n'est pas tellement l'art de la forme, je dirais, c'est l'art de regarder ce qu'on vient de faire et de le critiquer.

 

PCW : Ah oui ! Et comment tu critiques une forme ?

LM :
tu la mets sous ton nez, tu la regardes 10 fois, de loin de près. Tu fermes les yeux, tu rouvres les yeux, tu vas te coucher tu te relèves, et tu vois ce que ça donne

 

PCW : Il y a une partie spécifique à ton travail, c'est le décor. Il y a une grand partie de ton travail qui s'inspire du croquis sur le vif ce qui est finalement assez rare en poterie Et donc, je crois que tu as transposé en céramique quelque chose qui est de l'ordre de la vie du croquis Donc tu as des nus, des motifs floraux, des animaux qui alimentent ton répertoire. Est-ce que tu laisses évoluer ça en fonction de ton environnement ? Est-ce que tu penses que si tu changes d'environnement, ça va modifier ton répertoire ? Comment est-ce que tu fais la recherche des tes motifs de décors ?

LM : Et bien la recherche c'est plutôt par le vide et par le creux. C'est-à-dire que je n'ai jamais assez de temps

 

PCW : C'est la partie où tu as le moins de temps. Mais pourtant ça te vient

LM :
où je suis le plus frustrée ! Peut-être que je ne me trouve pas très bonne. Enfin je fais une bonne chose de temps en temps

 

PCW : Mais tu as une passion du croquis ? Une vraie passion. Le croquis c'est quelque chose qui te poursuit Les nus, les chats, les fleurs, on peut dire que c'est important pour toi !

LM :
J'ai une passion. On peut dire que je suis dans un état second quand je fais du croquis.

 

PCW : Et donc là, tu ne consacres pas assez de temps. Tu n'as pas des moments de vacances où tu te dis : maintenant, je vais aller faire du croquis, je vais aller changer mon répertoire, je vais aller m'inspirer dans un environnement que je ne connais pas

LM :
Mais je me dis toujours ça et je n'ai jamais assez de temps pour aller le faire.

 

PCW : Et quand tu es allée au Brésil ou en Chine, est-ce que tu as fais des croquis?

LM :
Non, pas du tout !

 

PCW : Tu ne l'as pas fait ?

LM : Parceque...

 

PCW : ce n'était pas le moment ?

LM : Oui, ce n'était pas le moment. Mais je crois aussi que je suis dans une période de ma vie où il y a des choses qu' il faut que j'assure

 

PCW : Mais ça viendra peut-être Il y aura une phase il reviendra une phase « croquis » ?

LM : Oui ! Très arts-décos, le croquis ! Mais pour le moment, je fais trop de choses.

 

PCW : Tu fais trop de choses ?

LM :
Je suis trop impliquée dans des associations, en plus du fait que je dois assumer, une maison, une vie de famille. C'est beaucoup trop. Là, je me dégage, je commence à me dégager.

 

PCW : Tu sens qu'à un moment tu as besoin de recréer un répertoire de formes ?

LM :
Oui. Il faut que j'arrête de courir dans tous les sens. Il faut que je me recentre. Parceque j'ai fait trop de choses.

 

 


Les grands maîtres

 

PCW : Justement, je voulais parler du milieur des potiers. C'est une communauté, donc, là il y a des maîtres. Quels sont les maîtres que tu as fréquentés ?

LM : Moi j'ai eu un grand maître, c'est Paul Badié.

 

PCW : Qui est Paul Badié ? Il est où, il fait quoi ?

LM :
Il est parti aux Etats-Unis pendant 20 ans, et il vient de rentrer en France. Il a acheté une maison à Bonnaguine, dans le Sud-Ouest. Il a fait de la peinture. Il a arrêté la céramique totalement pendant ce temps-là, alors que c'était un grand maître dans les années 80, une grande référence dans la céramique française. Et là, d'après ce que j'ai cru comprendre, il aurait envie de reprendre un atelier. Mais je ne l'ai pas revu depuis 2 ans.

 

PCW : Tu as envie de le rencontrer ?

LM : Oui, oui, je le verrai forcément.

 

PCW : Moi ce qui m'a fascinée, c'est quand tu m'as dit que tu avais été au Brésil rencontrer une céramiste japonaise. Ca m'a épatée

LM : C'est une femme dont j'avais vu le travail en photo parceque c'est la mère d'une amie qui est céramiste en France. Et c'est en fait une femme extraordinaire. J'ai écrit un texte sur elle, parcequ'elle est hors-norme, elle est extraordinaire et je voulais la faire connaître en France, mais je n'avais pas de photos de son travail donc ce texte n'est pas paru dans les revues de céramique.

 

PCW : Alors tu me donneras ce texte et on trouvera des photos de cette céramiste et on le publiera sur internet !

LM :
Ah oui !


La pratique d'un métier, ce n'est pas forcément
quelque chose qui se dit, ça passe par le geste.

 

PCW : On parlait des maîtres, mais tu es toi-même une enseignante en céramique. Qu'est ce que ça t'apporte d'enseigner ? Est-ce que ça change quelque chose à ta pratique ? Est-ce que c'est important pour un céramiste de transmettre ? Est-ce que tu as une vocation pour transmettre ? Devenir un maître ?

LM :
Il ya des gens qui n'aiment pas transmettre, moi j'adore ça. Ce que ça m'a apporté dans un premier temps, c'est de clarifier tout ce que je savais.

 

PCW : C'est en enseignant que tu clarifies tout ce que tu sais ? Sinon tu ne sais pas ce que tu sais ?

LM : Tu es obligé de clarifier parceque pour transmettre, il faut être assez rigoureux. Il faut savoir où tu en es. Sinon, ce n'est peut-être pas nécessaire de clarifier les choses. La pratique d'un métier, ce n'est pas forcément quelque chose qui se dit. Ça ne passe pas forcément par la parole, c'est le geste.

 

PCW : Mais est-ce qu'il y a une différence entre enseigner dans un centre d'apprentis, comme tu l'as fait, et avoir son apprenti chez soi ? Qu'est ce que tu préfères ? Tu fais les deux ?


LM : Et bien, je dirais, avoir son apprenti chez soi, c'est avoir une relation très intimiste. Donc, ça a des avantages et des inconvénients. Je préfère enseigner en collectif parceque c'est très cerné dans le temps, il y a un début et une fin. Quand tu passes 2 ans avec une apprentie, tu as une intimité, tu as une histoire de relation qui est beaucoup plus forte, il faut la gérer. Donc, il faut en même temps rester la patronne mais pas non plus être une chieuse. Tu as une relation de sympathie.

 

PCW : Elle aide aussi à faire ton travail à toi ?

LM : Elle aide sur des choses qu'on peut déléguer, qui sont une partie seulement du travail. C'est pas beaucoup, mais c'est beaucoup en même temps, parceque, si tu délègues les choses les plus faciles à faire, et bien finalement, il te reste les choses les plus intéressantes à faire.

 

PCW : Mais tu continues à enseigner en collectif ?

LM : Non, pas ces dernières années.

 

PCW : Ça ne te manque pas ?

LM : Oh, je suis absolument certaine que je le referai. Et puis j'ai toujours des stagiaires à l'atelier. J'ai des demandes pour 1an.

 

PCW : Et les gens qui demandent des stages ? Tu n'as jamais eu envie de faire ça, des stages sériés dans le temps pour des gens qui sont déjà spécialisés ?

LM : Alors on me l'a proposé, mais il n'y avait pas assez d'inscrits. C'est très bizarre. Moi je crois que les gens du métier ils ont un rapport à la porcelaine vachement traumatique.

 


J'ai un plaisir à être en relation avec les gens

 

PCW : Mais il n'y a pas beaucoup de gens alors qui font de la porcelaine ?

LM :
Non, parcequ'en utilitiaire, c'est très chiant, il y a beaucoup de contraintes techniques. Donc il n'y a quasiment personne.

 

PCW : Et c'est rentable ?

LM :
Si tu bosses 12 heures par jour, tout est rentable, c'est pas un problème. C'est un rapport à l'argent qui est très particulier. Moi je vends tout ce que je fais.

 

PCW : En parlant de cet aspect commercial, quand on est à son compte, il y a un certain nombre de choses à prendre en considération. Quels conseils pourrais-tu donner à quelqu'un qui s'installe ? Est-ce que c'est bien ? Est-ce qu'on peut en vivre?

LM :
Moi je leur dis qu'on peut vivre de la céramique mais qu'il faut être à moitié potier, à moitié gestionnaire-commerçant.

 

PCW : Ça ne te pèse pas d'être obligée d'être commerçante ? Tu l'assumes, ça ?

LM : C'est une condition sine qua non. Un jour j'entendais un type qui disait : " Moi je reçois des gens qui ont des projets d'entreprise et qui me disent : - Moi je sais faire ci, je sais faire ça, la meilleur pizza du monde, le meilleur machin du truc ; et je leur demande : - Qu'est-ce que vous savez vendre ?" . Parceque tu peux faire ce que tu veux qui est le meilleur machin du monde, si tu sais pas le vendre, tu t'assieds dessus.

 

PCW : Mais c'est pas trop contraignant quand même, les conditions que tu as comme micro-entreprise ?

LM :
Ça ça va bien, c'est gérable. Et moi j'ai un plaisir à être en relation avec les gens. Donc les gens à qui je vends, d'abord je ne suis pas angoissée par le fait de leur vendre, je ne suis pas stressée parceque je vends bien, ça c'est génial, et j'ai plutôt des relations intellectuellement intéressantes avec eux. Pas tout le temps, mais ça arrive.

 

PCW : Tu as même fait des certains de tes clients des amis ?

LM :
Bien sûr

 

PCW : Et ça c'est extraordinaire de pouvoir faire de tes clients des amis, c'est beau ça ...


Je suis dans un état second quand je fais du croquis.

 

PCW : Il y a quelque chose qui m'intéressait, c'est : comment est-ce que tu crées tes formes ? Est-ce que tu fais un travail spécifique sur le design des formes ? Où est-ce que c'est des formes qui te viennent comme ça sous la main ? Où est-ce que c'est des formes que tu reprends ?

LM :
Je fais régulièrement du dessin, donc forcément ça travaille, mais ça ne travaille pas directement. Quand je suis à l'atelier, je ne prends pas des dessins préalables. Par contre, j'ai acquis pendant 30 ans

 

PCW : l'art de la forme sous le pouce !

LM : Oui, et bien, ce n'est pas tellement l'art de la forme, je dirais, c'est l'art de regarder ce qu'on vient de faire et de le critiquer.

 

PCW : Ah oui ! Et comment tu critiques une forme ?

LM :
tu la mets sous ton nez, tu la regardes 10 fois, de loin de près. Tu fermes les yeux, tu rouvres les yeux, tu vas te coucher tu te relèves, et tu vois ce que ça donne

 

PCW : Il y a une partie spécifique à ton travail, c'est le décor. Il y a une grand partie de ton travail qui s'inspire du croquis sur le vif ce qui est finalement assez rare en poterie Et donc, je crois que tu as transposé en céramique quelque chose qui est de l'ordre de la vie du croquis Donc tu as des nus, des motifs floraux, des animaux qui alimentent ton répertoire. Est-ce que tu laisses évoluer ça en fonction de ton environnement ? Est-ce que tu penses que si tu changes d'environnement, ça va modifier ton répertoire ? Comment est-ce que tu fais la recherche des tes motifs de décors ?

LM : Et bien la recherche c'est plutôt par le vide et par le creux. C'est-à-dire que je n'ai jamais assez de temps

 

PCW : C'est la partie où tu as le moins de temps. Mais pourtant ça te vient

LM :
où je suis le plus frustrée ! Peut-être que je ne me trouve pas très bonne. Enfin je fais une bonne chose de temps en temps

 

PCW : Mais tu as une passion du croquis ? Une vraie passion. Le croquis c'est quelque chose qui te poursuit Les nus, les chats, les fleurs, on peut dire que c'est important pour toi !

LM :
J'ai une passion. On peut dire que je suis dans un état second quand je fais du croquis.

 

PCW : Et donc là, tu ne consacres pas assez de temps. Tu n'as pas des moments de vacances où tu te dis : maintenant, je vais aller faire du croquis, je vais aller changer mon répertoire, je vais aller m'inspirer dans un environnement que je ne connais pas

LM :
Mais je me dis toujours ça et je n'ai jamais assez de temps pour aller le faire.

 

PCW : Et quand tu es allée au Brésil ou en Chine, est-ce que tu as fais des croquis?

LM :
Non, pas du tout !

 

PCW : Tu ne l'as pas fait ?

LM : Parceque...

 

PCW : ce n'était pas le moment ?

LM : Oui, ce n'était pas le moment. Mais je crois aussi que je suis dans une période de ma vie où il y a des choses qu' il faut que j'assure

 

PCW : Mais ça viendra peut-être Il y aura une phase il reviendra une phase « croquis » ?

LM : Oui ! Très arts-décos, le croquis ! Mais pour le moment, je fais trop de choses.

 

PCW : Tu fais trop de choses ?

LM :
Je suis trop impliquée dans des associations, en plus du fait que je dois assumer, une maison, une vie de famille. C'est beaucoup trop. Là, je me dégage, je commence à me dégager.

 

PCW : Tu sens qu'à un moment tu as besoin de recréer un répertoire de formes ?

LM :
Oui. Il faut que j'arrête de courir dans tous les sens. Il faut que je me recentre. Parceque j'ai fait trop de choses.

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Le bleu, c'était facile. Le jaune, c'est très difficile |
Il faut énormément d'heures de vol pour s'en sortir avec ce genre de technique |
Je crois beaucoup à l'inconscient dans l'objet |
Un questionnement intellectuel mais aussi une matière | J'adore tourner |
Quand j'ai rencontré ce matériau, je n'ai plus arrêté de travailler
|

La pièce est englobée dans ma vie

page 1 : la terre - page 2 : le geste- page 3  : l'objet

 

 

 

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Eine QUALITÄTSPORZELLAN

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